Étude – Les pôles de compétitivité : quels résultats depuis 2005 ?

La politique des pôles de compétitivité a fait l’objet de plusieurs études d’impact qui se sont centrées sur sa capacité à inciter les entreprises à investir davantage en R&D. Or cette politique vise aussi à développer les relations partenariales entre acteurs publics et privés pour renforcer les synergies favorables à la création de richesses et d’emplois. Les évaluations menées jusqu’ici ont peu abordé ce second objectif, pourtant central.

Dans cette étude, France Stratégie et l’ANCT apportent un éclairage plus large en se fondant sur une analyse spatiale des effets d’entraînement intra et inter-départements induits par les pôles. Cette note s’attache également à mesurer la capacité des pôles à développer des réseaux interentreprises ainsi qu’à évaluer leurs effets sur les performances économiques des entreprises et leurs dépenses de R&D. Les données disponibles à la date de réalisation de ces travaux s’arrêtaient en 2015.

Cette nouvelle étude montre que 1€ de subvention publique reçu dans le cadre de cette politique génèrerait 2,5€ de dépenses de R&D

Les résultats obtenus dans d’autres études sont confirmés en ce qui concerne l’impact des pôles sur les dépenses de R & D des entreprises : un euro de subvention publique reçu dans le cadre de cette politique aurait généré en moyenne 2,5 euros supplémentaires de dépenses de R&D par les PME bénéficiaires. En revanche, comme dans les travaux précédents, l’analyse confirme l’absence d’effets positifs mesurables sur les dépenses de R & D des entreprises de taille intermédiaire et des grandes entreprises.

L’analyse cherche également à mesurer la contribution des pôles à la structuration des réseaux d’innovation dans lesquels les grandes entreprises pourraient jouer un rôle déterminant. Les résultats obtenus sont contrastés. Du côté positif, les relations apparaissent de plus en plus diversifiées au sein des pôles et leur cohésion d’ensemble progresse au cours du temps. Du côté négatif, le nombre de collaborations diminue. Il n’est pas exclu que ce soit le résultat d’une hausse des collaborations inter-pôles ou du nombre de PME appartenant aux pôles. Il n’est pas exclu non plus que cela s’accompagne d’une amélioration de la qualité de ces collaborations mais l’analyse ne permet pas de conclure sur ce point.

De point de vue des effets spatiaux, un nombre plus important d’entreprises adhérentes à un pôle se traduit par une meilleure dynamique des dépenses de R&D du territoire où se trouve le pôle.

En revanche, aucune synergie positive n’est mise en évidence de manière robuste avec les territoires voisins.

Au total, l’analyse confirme que la politique publique en faveur des pôles de compétitivité a eu des effets positifs sur les entreprises, les réseaux et les territoires, mais ces effets restent difficiles à mesurer de manière précise, compte tenu des fragilités méthodologiques inhérentes à l’objet d’étude.

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Auteur : Haithem Ben Hassine (Economie)

 

Source : strategie.gouv.fr via l'AFPC