Le transport public s’intéresse à la trottinette et au gyropode

 
Après les trains, les autocars et le covoiturage, la SNCF s’intéresse à un nouveau moyen de locomotion. L’entreprise publique a inauguré, début juillet, sa première borne de trottinettes en libre-service, sur le parvis de la gare du RER D, à Saint-Denis avec les agents de la SNCF comme cobayes. Cette borne sera ouverte au public le 28 août, jusqu’à la fin novembre.
 
 La « micro-mobilité » se développe dans les villes. Les opérateurs de transports en commun veulent lui faire une place dans leur offre.

Les habitants de la banlieue sud ont eux aussi droit à leur expérimentation : à Châtillon et à Montrouge, quarante trottinettes connectées ont été mises à disposition par la Société du Grand Paris et Ile-de-France Mobilités, le bras armé de la région francilienne en matière de transports. Les quinze premières minutes de course sont gratuites et il en coûte ensuite 1 euro pour les deux heures suivantes.

Ces initiatives peuvent paraître anecdotiques. Elles sont pourtant symptomatiques de la place qu’entendent donner les professionnels du transport public à ce qu’ils appellent dans leur jargon la « micro-mobilité ». Un phénomène en plein essor : sur les trottoirs ou les pistes cyclables, il est difficile de manquer ces personnes de tout âge se déplaçant en trottinette, sur des gyropodes, des mono-roues électriques, des draisiennes et des planches à rouler électriques. Et les opérateurs de transports en commun n’y voient pas une concurrence, mais des opportunités pour faciliter le trajet du « dernier kilomètre », entre les lignes de transport en commun et le lieu de travail ou le domicile.

Dans cet esprit, la SNCF s’est associée avec Autonomy, un Salon dédié aux mobilités urbaines, pour transformer la gare de l’Est en «  hub de mobilité » à partir de début 2018.

«  La micromobilité pourrait être une solution mise en place pour éviter la congestion dans les gares où il y a beaucoup de monde »

Ross Douglas, le fondateur d’Autonomy

«  ces initiatives doivent rendre le trajet jusqu’à la gare ou depuis la gare plus facile, plus accessible et plus plaisant ».

Patrick Ropert, Directeur Général de SNCF Gares & Connexions

Respect du cahier des charges

Transdev, transport public, s’intéresse également au sujet.

« Le groupe se focalise sur le développement de la trottinette puisqu’elle répond aux critères du cahier des charges : elle pèse moins de 10 kilos, elle est peu encombrante et elle est transportable dans le bus »,

Bernard Gouy, directeur de Veloway Proxiway, la filiale du groupe spécialisée dans ces questions

La mise en place de trottinettes en libre-service ou en location de longue durée fait à présent partie intégrante des réponses de Transdev aux appels d’offres des collectivités qui sont sensibles au sujet de la micro-mobilité.

La « patinette » est donc pour le moment le moyen de transport privilégié par les acteurs du secteur dans leur volonté de structurer une offre de micromobilité. La RATP semble par contre peu encline à favoriser son usage sur le réseau du métro parisien, puisque le fait de circuler dans ses couloirs en trottinette est punissable d’une amende de 60 euros…

 

 

Source : Les Echos du 26.07.17 (lien: https://lc.cx/csyG)