L’INPI met le Big Data des brevets au service des start-up

Notre partenaire, l’Institut national de la propriété industrielle, propose désormais un nouveau service aux start-up et PME: une cartographie des brevets pour rendre visible leur environnement concurrentiel.

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Une carte d’état-major pour les décideurs

C’est ainsi que Frédéric Caillaud, directeur de l’innovation à l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi) présente leur nouveau service à destination principalement des start-up et PME et disponible à partir de septembre. Et si ce service – sur-mesure, ne manque-t-il pas de répéter à plusieurs reprises – repose bien sur un outil cartographique, on est loin d’une carte ordinaire. Et même très loin de la géographie telle qu’on l’entend habituellement.

Pourquoi ?

Tout simplement car il s’agit de mettre un big data des brevets au service des entrepreneurs, la carte servant de support visuel. Avec 90 millions de brevets dans le monde et 15 000 publications par jour, on imagine sans peine qu’une jeune start-up ou un chercheur ne peut pas passer en revue tous ces documents. Difficile donc d’avoir une vision globale de son environnement ou de savoir si l’innovation sur laquelle on travaille a déjà fait l’objet d’un brevet. D’autant, rappelle le directeur de l’innovation de l’Inpi, qu’on a tendance à chercher uniquement les brevets dans son domaine alors que selon l’OCDE, 20% de la R&D a déjà été faite… hors de son secteur.

Comme une carte topographique

C’est là qu’intervient le nouveau service de l’Inpi reposant justement sur la base des 90 millions de brevets dans le monde. Alors à quoi ça ressemble ?

« Il faut imaginer un Google Earth des brevets. On peut zoomer sur les brevets d’un secteur puis sur les sous-secteurs. Ça se présente au final comme une carte topographique avec ses courbes de niveaux: les brevets similaires s’empilent au même endroit et forment des montagnes. A l’inverse une innovation nouvelle fera l’effet d’une île dans la mer »

Frédéric Caillaud, directeur de l’Innovation de l’INPI

On peut ainsi afficher les brevets de son entreprise pour comprendre comment elle se situe dans cet environnement d’innovations (qu’il s’agisse du privé ou de la recherche publique), mais aussi les brevets de son entreprise aux côtés de ceux d’un concurrent par exemple. Et cliquer sur les brevets pour en savoir plus. Autant d’éléments qui permettent à un entrepreneur d’avoir de meilleures informations pour décider de sa stratégie. En répondant à des questions comme : qui sont mes concurrents dans ce domaine technologique? Avec qui devrais-je collaborer? Ou encore mon idée est-elle vraiment nouvelle ?

Pour rassurer aussi les investisseurs

Ce qui peut donner parfois quelques surprises… Laurent Tonnelier, à la tête de Mobilead, une TPE spécialisée dans les technologies QR Code et NFC qui a pu tester le service de l’Inpi en avant-première, a été bien étonné en voyant les premiers résultats.

« On a découvert qu’un constructeur automobile français était un de nos concurrents, ce que l’on n’imaginait pas. Et au contraire, on a appris qu’une société que l’on pensait être un concurrent ne déposait aucun brevet: elle ne fait qu’acheter des licences à des tiers. On pensait que c’était un concurrent alors que ça pourrait devenir un client! »

Laurent Tonnelier, dirigeant de Mobilead

La force de ce service ?

La base de 90 millions de brevets et une accessibilité pour le plus grand nombre.

« Les grandes entreprises ont les moyens financiers et humains de mener ce genre d’analyse. Avec le service que nous lançons, l’expertise de l’Inpi est accessible aux start-up et PME pour un prix très bas »

Frédéric Caillaud, directeur de l’Innovation de l’INPI

Selon les options choisies, la prestation revient entre 3.600 et 4.200 euros. Autre élément clé: le service repose sur un échange entre l’entreprise et l’expert du secteur de l’Inpi. L’entreprise présente à l’Inpi sa demande ainsi que la liste des concurrents ou des alliés potentiels qu’il a identifiés et l’expert de l’Inpi lui fait un retour détaillé une fois la cartographie établie.

Source : Challenges / 26 juin 2017